Glossaire français

Un petit glossaire qui reprend le vocabulaire utilisé précisément pour l’industrie lithique, et qui reprend les définitions exactes du Dictionnaire de la Préhistoire, de A. Leroi-Gourhan, et celles de l’ouvrage Technologie de la pierre taillée.

 

Abrasion : petite(s) percussion(s) du plan de frappe vers le plan de débitage pour pŕeparer la corniche avant un enlèvement. « Tout enlèvement non-abrasé est voué à l’échec » (Boris Valentin)

Accident de Siret : la fracture en Siret est une rupture dans l’axe de l’enlèvement, à partir du point d’impact. « Il arrive parfois que, lors du détachement d’un éclat, deux plans d’éclatement perpendiculaires se produisent, le second séparant l’éclat en deux parties plus ou moins égales » (F. Bordes 1961)

Arête : désigne la zone d’intersection de deux surfaces formant un angle et délimitant deux demis-plans. Par exemple, sur un biface ou une pointe foliacée. Sur une pointe Clovis ou Folsom, ce sont les arêtes mises en forme de part et d’autre qui permettront le flûtage en guidant l’onde d’éclatement.

Avers : face supérieure d’un éclat.

Bulbe : partie bombée à proximité du talon de l’éclat, sur sa face inférieure (face où la fracture s’est produite). Le bulbe permet d’indiquer que l’éclat est bien le produit d’une percussion intentionnelle et non d’une fracturation naturelle (ex : gélifraction). On parle de bulbe conchoïdal

Burin : « outil caractérisé par un étroit biseau vif, créé par une percussion portée dans le plan de la pièce -technique du coup de burin- sur une surface de frappe nécessairement adéquate (et parfois aménagée) » (Nicole PIGEOT, professeur de préhistoire, cours de technologie lithique, L3, 2007, université de Paris 1) , généralement utilisé pour tailler des matières osseuses ou bois de cervidé, ou bien pour des gravures pariétales. Il peut comporter plusieurs parties actives et peut être utilisé emmenché ou non

Carène : convexité longitudinale. Courbe mise en place sur le nucléus (lors de la préparation) dans la longueur du plan de débitage en vue d’une bonne propagation de l’onde lors du débitage. Elle part de la corniche et se prolonge jusqu’à la base du nucléus. Son entretien plus ou moins régulier est nécessaire durant la phase de débitage. Le débitage bipolaire est une technique permettant un entretien constant de la carène. Une carène convexe réclame moins d’habileté, lors du débitage, qu’une carène rectiligne. Cette dernière aura tendance à favoriser les accidents de taille: réfléchissement (rebroussement) et outrepassement

Cintre : convexité transversale. Courbe dont l’angle est plus ou moins plat ou fermé tout le long du plan de débitage. Les rythmes d’enlèvement lors du processus de débitage permettent de conserver un cintre fermé et de produire des éclats étroits et allongés (lames et lamelles) alors qu’un cintre plat ne permettra de produire que des éclat larges et courts.

Cône incipient : C’est une trace d’impact (généralement sur un nucléus) visible en surface du plan percuté produisant une fissuration localisée mais partielle en forme de cône.  Il est le résultat d’une percussion sans production d’éclat. La raison la plus courante est une mauvaise lecture des angles et volumes du nucléus mais il peut aussi être le fruit d’une percussion maladroite et/ou sous-dosée. La présence de multiples cônes incipients et notamment en retrait de la corniche peut mettre en lumière la présence de jeunes gens et/ou d’apprentis tailleurs sur un site.

Contre-bulbe : négatif du bulbe conchoïdal (sur le nucléus)

Corniche : arête séparant le plan de frappe et le plan de débitage (du nucléus)

Cortex : enveloppe naturelle des blocs bruts de silex (souvent de couleur plus claire). Le silex se forme dans la craie, le calcaire ou l’argile.

Crête : la crête est mise en forme par le tailleur lors de la préparation du nucléus en vue d’un débitage laminaire. Elle se situe sur le plan de débitage et permet par sa carène et son cintre de guider l’onde du premier enlèvement alors appelé lame à crête. Elle laisse deux nervures sur le nucléus (en négatif) qui permettront de produire deux nouvelles lames et ainsi de suite.

Coup de tranchet : La « technique du coup de tranchet » a été définie par J. Tixier et Alii (1980, p.65) comme « un coup porté près de l’arête qui représente le tranchant, afin d’obtenir un négatif d’enlèvement faisant un angle aigu avec la face d’où l’on a percuté, créant un tranchant vif de taille afin de donner un négatif d’enlèvement « plan » »

Partie distale : pour une lame, par exemple, c’est la partie la plus éloignée (opposée) du point de percussion (talon)

Débitage : opération de taille où les éclats sont destinés à être utilisés. Les éclats (des lames par exemple) sont le produit d’un débitage. Le nucléus est le déchet.

Débitage laminaire: technique permettant de produire des lames

Burin dièdre : se dit d’un burin dont les deux enlèvement se rejoignent. Les deux pans (négatifs des coups de burin) forment un dièdre sur la partie active de l’éclat.

Dos : partie opposée au tranchant (partie active) d’un couteau ou d’une pointe azilienne par exemple. Il permet un emmanchement. Il peut être fait par une retouche (plus ou moins abrupte) par pression ou percussion. surface latérale qui recoupe à peut près perpendiculairement les deux faces d’un éclat dans le sens de sa plus grande dimension

Ébauche : mise en forme (plus ou moins grossière) ou préforme de hache ou de pointe foliacée par exemple

Éclat : fragment de roche dure détaché lors de toute opération de taille

Éclat laminaire : éclats plus longs que large mais qui ne sont pas encore des lames

Emmanchement : action de mettre un outils (lame/armature, pointe) sur un manche

Esquille : très petit éclat

Esquillement : détachement (autre que celui que l’on souhaite) de matière résultant de la percussion. Un esquillement du bulbe ou un esquillement bulbaire peuvent se produisent parfois lors du détachement d’un éclat.

Flûtée : se dit d’une pièce bifaciale d’où a été enlevé, sur tout ou partie de sa longueur, un éclat allongé (« channel flake ») afin d’amincir, sans en atteindre les bords, l’une ou les deux faces, par percussion directe ou indirecte ou par pression.

Fracture conchoïdale : Littéralement « en forme de coquille ». Se dit de la forme prise par la fracture de certaines roches. Le silex est une roche à fracture conchoïdale. L’onde de fracture s’y propage en cône et non pas en ligne droite.

Facettage : petite(s) percussion(s) dans le sens du plan de débitage vers le plan de frappe pour pŕeparer la corniche avant un enlèvement.

Façonnage : opération de taille de mise en forme du nucléus ou bien de mise en forme d’un éclat. Le terme de façonnage est utilisé lorsque l’outils voulu est le nucléus et non l’éclat

Gélifraction fracturation de la roche sous l’effet du gel et de l’eau

Grattoir : outils servant à travailler la matière animale (peau, tendon)

Hachereau :grand éclat avec une partie tranchante en biseau.

Herminette : hache dont le tranchant est perpendiculaire au manche

Lame : éclat dont la longueur excède le double de la largeur

Lamelle : éclat dont la largeur est inférieure à 12mm

Partie mésiale : partie située entre la partie proximale et la partie distale

Micro burin : Technique attestée au Mésolithique. Elle permet la production de pointes ou d’armatures par troncature puis fracturation controlée par retouche à la pression sur enclume.

Négatif d’enlèvement : stigmate laissé sur le nucléus issu du détachement d’un éclat

Nervure : ligne séparant deux négatifs d’enlèvement à leur intersection. Sur un nucléus par exemple ou sur une lame prismatique (deux pans). Sur une lame trapézoidale, il y a deux nervures (trois pans).

Nucléus : bloc de silex aménagé pour pouvoir en retirer un maximum d’éclats. C’est un déchet à la fin du débitage

Outrepassement : erreur de taille (éclat plus long que prévu)

Pan : Une lame peut avoir généralement 2 ou 3 pans sur sa face supérieure (avers). Les pans sont les négatifs des enlèvements précédents.

Partie active : partie ou bord de l’outil qui est utilisée et entre en contacte avec la matière travaillée (ex: pans d’un burin ou front d’un grattoir. Pour les pointes, armatures et autres couteaux, c’est la partie distale ou le bord tranchant qui sont ainsi considéreś comme parties actives.

Partie proximale :  c’est la partie la plus proche du point de percussion sur un éclat (ex: sur une lame).  Elle se trouve du coté du talon d’un éclat

Pédoncule : partie passive (d’une pointe de flèche par exemple) aménagée par retouche pour permettre un emmanchement

Percuteur : outil destiné à détacher les éclats d’un bloc de silex ou à tailler les bords de l’éclat. Il peut être dur (en pierre) ou tendre (en bois de cervidé ou végétal).

Percussion : technique de taille de détachement d’éclats par chocs

Percussion directe : matière travaillée sans intermédiaire

Percussion indirecte : matière travaillée avec intermédiaire souvent un punch

Percuteur : outils de taille de la percussion

Plan de frappe : zone, généralement plate, du nucléus, nommée ainsi car c’est l’endroit où est portée la percussion ou pression

Pression : technique de taille de détachements d’éclats par pression

Punch ou chasse-lame : pièce intermédiaire placée entre le percuteur et le nucléus. Utilisation en percussion indirecte, il permet une précision accrue pour une production laminaire plus régulière. C’est un outil en bois de cervidé ou bois végétal dur (buis). Attesté dès le Mésolithique.

Réfléchissement (rebroussement) : l’onde et la fracturation n’atteignent pas la partie distale du nucléus et « resortent » avant le point voulu. C’est un accident classique dû en partie à un mauvais dosage de la force de percussion (« sous-dosage »)

Remontage : raccords d’une série de pièces qui viennent toutes du même bloc de matière première

Retouche : opération de taille de modifications pour réaliser ou achever un outil

Revers : face (inférieure) d’éclatement d’un éclat

Stigmate : marques laissées sur un éclat, nucléus, outils, indiquant la manière dont il a été fabriqué, utilisé, taillé.

Tablette de ravivage :  plan de frappe servant à sortir  les lames lors d’un débitage laminaire. Cette zone est souvent retravaillée afin de régulariser le plan de frappe. Les enlèvement lors de cette régularisation sont appeler tablette de ravivage s’il concerne l’ensemble du plan de frappe

Talon : petite zone plane à la base de l’éclat (partie de l’éclat correspondant au plan de frappe sur le nucléus)

Tracéologie :  science qui étudie les traces laissé par la fabrication et l’utilisation d’un outils

 

sources :

 

 

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Une réponse à “Glossaire français

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